J’ai le plaisir de vous présenter mon programme de nouveautés des mois d’août et septembre. Si c’est ma huitième rentrée littéraire avec Quidam et la cinquième avec Au vent des îles, vous noterez la présence de deux maisons d’édition avec lesquelles je débute une collaboration : Corti (pour son premier roman francophone) et les deux collections littéraires de HarperCollins : traversée dirigée par Gwenaëlle Denoyers (romans francophones) et au gré du monde dirigée par Marine Alata (romans traduits). J’ai également choisi d’inclure la collection Premier voyage de L’arbre qui marche, ces guides qui se lisent comme des romans et vice versa – une collection qui démarre fort en librairie.
Cette lettre se termine avec l’annonce de la publication en octobre d’un chef-d’œuvre : un roman inédit en français du Prix de Nobel de Littérature, Patrick White, seul auteur australien et océanien à avoir remporté ce prestigieux prix. Je vous demanderai donc une attention particulière car, en faisant traduire ce sommet de la Littérature, la maison d’édition qui le publie, Au vent des îles, a pris des risques financiers importants.
PREMIERS ROMANS
• 21 août 2025 : Sporen, Julia Sintzen, éditions Corti
SPOREN, en hollandais, désigne notamment la trace mais aussi les ronces. Et ce premier roman de Julia Sintzen chez Corti porte bien son titre. Tout en rhizomes, en déchirures, en tissages et entremêlements de récits intimes, familiaux ou collectifs, il tourne autour d’un cri longtemps retenu et des traces laissées par les histoires vécues, racontées ou fictives. L’espace (les Pays-Bas), le temps (l’après seconde guerre mondiale) ou encore les langues (le français, le hollandais, le limbourgeois) sont aussi chahutées que le couple de cette histoire. Il y a là une écriture, une voix, un style et un souffle nouveaux. Fond et forme sont maîtrisés. Que demander de plus ?
Julia Sintzen est née en 1995. Elle est diplômée du master de création littéraire du Havre (2024). Elle vit et travaille à Nantes. Sporen est son premier roman.
Sporen de Julia Sintzen, éditions Corti
112 pages, 16,50 € – 9782714313546
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• 20 août 2025 : Comme l’oranger amer, Milena Palminteri, traduit de l’italien par Delphine Gachet, HarperCollins / au gré du monde
Entre les années 1920 et 1960 en Italie, les trois figures féminines de ce roman vont se battre dans un monde en mutation, en proie au fascisme et à la guerre d’abord jusqu’à l’aube d’une renaissance. Ces trois destins extraordinaires vont également devoir faire face à un grand défi : comment s’approprier leur vie dans un monde régi par les hommes qui voudraient choisir pour elles ?
Puisant son inspiration dans une histoire vraie, Milena Palminteri fait une entrée remarquée en littérature avec un roman sublime et captivant, écrit dans une langue riche en nuances, peuplé de personnages mémorables pour la douloureuse fierté avec laquelle ils embrassent leur destin.
Milena Palminteri est née en 1949 à Palerme, en Sicile, et vit aujourd’hui à Salerne. Son premier roman, Comme l’oranger amer, l’a propulsée instantanément au rang des auteur·e·s les plus vendu·e·s en Italie.
Comme l’oranger amer de Milena Palminteri
HarperCollins / au gré du monde
traduit de l’italien par Delphine Gachet
450 pages, 21,90 € – 9791033920533
LITTÉRATURE FRANCOPHONE
• 20 août 2025 : Ce refrain qui te plaît, Nadège Erika, HarperCollins / traversée
Quand Gwenaëlle Denoyers (ex-Baleine, ex-Seuil – cadre noir) m’a demandé si je voulais accompagner sa première rentrée pour la collection traversée chez HarperCollins, j’ai fait comme d’habitude : j’ai demandé à lire les textes. Le premier fichier que j’ai ouvert a été celui de Nadège Erika dont le premier roman, Mon petit, avait été remarqué en 2023. J‘ai été littéralement saisi et happé par Ce refrain qui te plaît, bouleversé par les phrases courtes et boxées, par le rythme qu’impose la voix de la narratrice à travers son histoire, ses errances dans la ville et ce qu’elle endure. Au début, je la tenais par le bras jusqu’à la sentir plus forte que moi quand le style a changé. Les phrases se sont allongées à mesure qu’elle allait vers une décision, sa décision, celle de ne plus être qu’une mère et une travailleuse mais aussi une femme. Vous devinez mon enthousiasme derrière cette courte présentation. Parce qu’il y a là une écriture nerveuse et cadencée, nourrie de cultures populaires, littéraires et urbaines. On y dit aussi quelque chose d’important sur la santé mentale, les violences en milieu psychiatrique mais aussi sur la position et le rôle des mères célibataires face aux jeunes adultes en proie à des troubles psychiques nécessitant leur internement. Ne passez pas à côté de ce roman qui vous entraînera jusqu’au bout de la nuit !
Nadège Erika est l’autrice de Mon petit (Livres égités, 2023 et HarperCollins poche, 2024). Ce premier roman, finaliste du Prix des Inrockuptibles, soutenu en librairie et repéré par la critique, était inspiré de sa propre histoire. Elle est éducatrice spécialisée et vit à Paris.
Ce refrain qui te plaît de Nadège Erika
HarperCollins / traversée
290 pages 19,90 € – 9791033919957
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• 22 août 2025 : Rêve d’une pomme acide, Justine Arnal, Quidam éditeur
Rêve d’une pomme acide de Justine Arnal décortique les liens moraux, sociaux et affectifs (noués, brisés, resserrés, rompus) au sein d’une tribu lorraine et alsacienne, à partir d’un drame familial. Le ciment des liens de parenté et du sang s’effrite alors. Dépendance, pouvoir de nuisance et violence sourde, marchandage et chantage affectifs, ennui et solitudes, rôles et places assignés ou désignés apparaissent plus crûment.
Mordante, corrosive, acidulée souvent, la plume de l’autrice décrit une famille maternelle et paternelle aussi singulière qu’ordinaire, où les femmes pleurent et se médicamentent quasi pieusement et où les hommes ont la calculatrice pour religion, et ce malgré leurs différences sociales ou régionales. On retrouvera ici des schémas connus, vécus – de la folie à l’obsession, de la mélancolie à la comptabilité – mais tous observés, analysés et disséqués par Justine Arnal qui, à travers ce conte de la folie ordinaire, entre avec beaucoup de sensibilité, de cruauté et de lucidité, en chacun de nous.
Justine Arnal est né en 1990 à Metz. Autrice, psychologue clinicienne et psychanalyste, elle vit et travaille à Paris. Elle a publié deux livres aux éditions du Chemin de Fer : Les Corps ravis et Finir l’autre. Elle s’intéresse particulièrement aux croisements et frictions entre littérature et psychanalyse. Une question est au cœur de son travail : par quelles langues et quels corps sommes-nous habités ? Par ailleurs, elle anime régulièrement des ateliers d’écriture auprès d’enfants, d’adolescents et d’adultes, en milieu scolaire et à l’hôpital.
Rêve d’une pomme acide de Justine Arnal
Quidam éditeur, 228 pages
20 € – 9782374914275
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• 20 août 2025 : Ce que je vole à la nuit, Rebecca Benhamou, HarperCollins / traversée
Ce que je vole à la nuit de Rebecca Benhamou est un roman très délicat, sensible et subtil autour de « la » Virginia avant qu’elle ne s’appelle Woolf, quand elle était encore une Stephen.
L’autrice anglaise et l’autrice-narratrice ont suivi les mêmes études de littérature féminine au King’s College de Londres, à un siècle d’écart. L’une, dans ses correspondances et journaux, s’est posée la question du désir de porter un enfant et n’a jamais été mère tandis que l’autre vient d’accoucher. L’une cherche sa chambre à soi dans un monde où les femmes n’ont pas à publier leurs écrits et l’autre craint de ne plus avoir de lieu où écrire tout en assumant sa maternité.
Ce roman est également un portrait en creux d’une Virginia moins connue que celle qui publiera Mrs Dalloway il y a 100 ans cette année, génie protégée par le père, qui cherchera toute sa vie à se débarrasser des viols commis par son demi-frère ainsi que le lieu idéal en soi où dire sans sombrer.
Classée parmi les « cinq jeunes écrivains à suivre en 2019 » par le magazine Vogue, Rebecca Benhamou publie L’horizon a pour elle dénoué sa ceinture (Fayard), une biographie romancée de la sculptrice Chana Orloff, puis Sur la bouche. Une histoire insolente du rouge à lèvres (Premier Parallèle, 2021), qui a été sélectionné dans la catégorie « Essai » du Grand Prix des lectrices de Elle. Les Habitués du Temps suspendu (Fayard, 2022) a remporté le Grand Prix de littérature méditerranéenne Mare Nostrum.
Ce que je vole à la nuit de Rebecca Benhamou
HarperCollins / traversée
208 pages 18 € – 9791033919766
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• 2 septembre 2025 : ROCK$TAR, Stéphane Vanderhaeghe, Quidam éditeur
Ça fait des années que Justin Ash, la dernière star du rock, ne s’est plus produit sur aucune scène. Quand on découvre qu’il s’apprête à repartir en tournée, c’est l’effervescence. Seulement au soir du premier concert, personne ne sait où il est passé. La nouvelle tombe dans la nuit : le rockeur a disparu. Et le lendemain une question se pose : c’est quoi la vie et un monde sans Justin Ash ?
ROCK$TAR, qui a été pensé et construit comme un album de rock, dont chaque chapitre s’ouvre sur une chanson de la star, est un roman comique et fantasque qui revisite les clichés et l’imagerie de la culture rock – sexe, drogue, satanisme – et élabore une réflexion sur la célébrité et le culte de la personnalité qui lui est associé. Le roman interroge également l’esprit rebelle devenu vache-à-lait, l’artiste devenu marque dans une société capitaliste et consumériste. Rock u 🤘
Stéphane Vanderhaeghe est né en 1977. Il est maître de conférences à l’Université Paris 8 où il enseigne la littérature américaine et la traduction. Il vit à Arras. Traducteur d’auteurs américains contemporains, en 2011, contre toute attente, il se lance dans l’écriture fictionnelle. Il est l’auteur de trois autres romans inventifs (fond et forme), Charøgnards, À tous les airs et P.R.O.T.O.C.O.L., tous parus chez Quidam éditeur.
ROCK$TAR de Stéphane Vanderhaeghe
Quidam éditeur, 364 pages
22 € – 9782374914329
ROMANS TRADUITS
• 22 août 2025 : Witi Ihimaera, Le Pacte des baleines, traduit de l’anglais (Nouvelle Zélande) par Mireille Vignol, Au vent des îles
Chaque année, Au vent des îles fait le choix de publier un seul titre pour la rentrée littéraire. En août, la maison basée en Polynésie publiera Le pacte des Baleines de Witi Ihimaera.
Suite haletante de La Baleine tatouée, près de quarante ans après la sortie du grand classique néo-zélandais en anglais, le roman est aussi un puissant message d’espoir. Il faut le talent, l’humour et la respectabilité irrévérencieuse du grand écrivain māori Witi Ihimaera pour savamment mêler les mythes créateurs polynésiens à un grand voyage de pirogues traditionnelles et à un défilé de mammifères truculents, humains et marins.
Nous retrouvons la baleine tatouée, désormais sénile, que seul le descendant du chevaucheur mythique peut extraire d’Antarctique…
De cette quête résulte un roman d’aventures, un conte écologique, un récit édifiant, une navigation aux étoiles qui oscille entre le réel et l’irréel.
Witi Ihimaera s’amuse – et nous amuse –, car il a l’art d’aborder les grands sujets écologiques et métaphysiques avec humour et, comme il l’avoue, un coup de pouce de l’IA (Intelligence Ancestrale).
Monument de la littérature contemporaine néo-zélandaise, premier écrivain māori publié, Witi Ihimaera a bâti une œuvre d’envergure internationale, remarquable et variée. L’Institut royal de littérature de Londres le considère comme l’un des plus importants écrivains de langue anglaise dans le monde. En France, il a été décoré chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres. Sept romans ont déjà été traduits par l’excellente Mireille Vignol et publiés aux éditions Au vent des îles dont La Baleine tatouée, — qui demeure le livre néo-zélandais le plus traduit au monde, qui a été adapté au cinéma par Niki Caro.
Le pacte des baleines de Witi Ihimaera
traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Mireille Vignol
Au vent des îles
272 pages – 21 € – 9782367345789
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28 août 2025 : New York de Catherine Lacey, traduit de l’anglais (États-Unis) par Stéphane Roques, L’arbre qui marche
New York est un archipel de 8 millions de personnes, mais aussi un lieu imaginaire, celui des films et des chansons. Le mythe : tout peut arriver. La réalité : une ville championne du monde pour recycler ses problèmes en excentricités romantiques.
Ce récit explore la tension entre le New York imaginaire, celui des films et des chansons, et la ville où vivent 8 millions d’américains. Par une étoile montante de la littérature US, publiée en France par Actes Sud.
Catherine Lacey est née dans le Mississippi et s’est installée à New York en 2007. Elle fait partie des 20 meilleurs jeunes romanciers américains d’après la revue littéraire Granta. Son dernier roman Biography of X a été élu l’un des meilleurs de l’année 2023 par le New-Yorker, le New-York Times, et Time magazine.
New York de Catherine Lacey, L’arbre qui marche
traduit de l’anglais (États-Unis) par Stéphane Roques
128 pages 13,90 € – 9789998780156
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28 août 2025 : Berlin de Norman Ohler, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, L’arbre qui marche
Sortie meurtrie de la guerre et de la division de l’Allemagne, Berlin se réveille en ville alternative au pouvoir réparateur. Comment s’est opérée cette métamorphose ? Norman croise le chemin d’une jeune médecin d’origine turque qui l’entraîne dans une redécouverte intime de sa ville. Ensemble, ils traversent les strates d’une capitale qui ressemble à l’Allemagne, sans être tout à fait l’Allemagne.
Passé nazi, réunification, musique techno, immigration, scène BDSM : voici la face cachée de la capitale du futur.
Ce trip urbain dresse le portrait d’une ville blessée où tout est permis. Par un auteur traduit dans 30 langues qui bouscule histoire et littérature.
Norman Ohler est l’auteur de L’extase totale, best-seller (30.000 ex en France) qui a révélé la dépendance de l’Allemagne nazie à la métamphétamine. Il est également l’auteur de 4 romans et de scénarios pour Wim Wenders.
Berlin de Norman Ohler, L’arbre qui marche
traduit de l’allemand par Olivier Mannoni
128 pages 13,90 € – 9789998780163
ATTENTION, CHEF-D’ŒUVRE !

roman de Patrick White,
Prix Nobel de littérature,
inédit en français
et traduit par David Fauquemberg
À PARAÎTRE EN OCTOBRE 2025
Toute l’œuvre de Patrick White est disponible aux éditions Gallimard. L’arbre de l’homme, publié en 1955 aux États-Unis et en 1956 en Grande-Bretagne, est le seul roman à ne pas avoir été traduit en français. Et pourtant vous lirez partout que c’est son chef-d’œuvre. Ce qui n’est pas mentir.
Pour moi, ce roman de près de 600 pages est une formidable saga qui se déroule sur tout un siècle, le vingtième, et ceci en un seul volume. C’est l’histoire d’une vie, celle de Stan Parker, de sa femme, de ses enfants et petits-enfants. De leur rapport à la terre, aux arbres. C’est un magnifique hymne à la nature. Chaque geste écrit, décrit, est découpé aussi nettement que s’il était filmé.
Il y a plusieurs moments de pure littérature et de grâce : les scènes de déluge ou d’incendie, par exemple.
La traduction de David Fauquemberg est exceptionnelle. Des mois et des mois de travail pour arriver à ce résultat.
Imaginez que vous ayez dans les mains une traduction inédite de Jim Harrison ou de Cormac Mc Carthy sauf que c’est Patrick White qui écrit ici et que tout ceci se passe dans le bush et non aux USA.
Acheter, faire traduire et imprimer ce texte du patrimoine littéraire mondial est très courageux. La maison a donc fait faire un bandeau ainsi qu’un dépliant que les représentants Harmonia Mundi (équipe F) ainsi que moi-même distribuerons. Il est également disponible en ligne sur calaméo en cliquant sur le lien ci-dessous :
Accéder à la présentation de L’arbre de l’homme en ligne
Les 80 premières pages peuvent également être lues sur calaméo en cliquant infra :
Lire les 80 premières pages de L’arbre de l’homme
Je suis convaincu que dans chaque librairie il y a des lectrices et des lecteurs pour ce roman exceptionnel. La maison d’édition prend beaucoup de risques financiers en publiant cette œuvre. Je ne vous le dis pas souvent : elle a besoin de vous.
L’arbre de l’homme de Patrick White, Au vent des îles
traduit de l’anglais par David Fauquemberg
576 pages, 27 € — 9782367346366









